AGIR DE CONCERT : LA MUSIQUE ET SES FORMES NATURELLES / 28 AOUT - CERNY - FESTIVAL AU SUD DU NORD

09 août 2021
AGIR DE CONCERT : LA MUSIQUE ET SES FORMES NATURELLES / 28 AOUT - CERNY - FESTIVAL AU SUD DU NORD

Le premier des Ronds-Points décentralisés des Allumés du Jazz en 2021

Novembre 2018, les Allumés du Jazz retrouvaient Avignon, 13 ans après leurs premières rencontres, pour une dizaine de débats fort toniques, prolongés par la parution d'une revue « Aux ronds-points des Allumés du Jazz », et même d'un 33 tours. La surmultiplication des bouleversements du monde musical ne permet guère d'attendre la prochaine décennie pour en parler. À ce besoin d'échanges, cette exigence même, les Allumés du Jazz répondent par une suite à leurs rencontres avignonnaises. Cette fois, on profitera du fait que la France est championne du monde des ronds-points pour se promener un peu partout dans les champs pratiques et magnétiques des membres des Allumés du Jazz.

Le Samedi 28 août, de 15h à 17h, c'est le festival Au Sud du Nord qui accueille les Allumés du Jazz pour le premier Rond-Point de 2021, à CERNY (91)
Pierre Tenne, historien, critique musical et gazetier du journal Les Allumés du Jazz, ouvrira les débats avec un thème particulièrement affûté :

AGIR DE CONCERT : LA MUSIQUE ET SES FORMES NATURELLES

Ses quatre invités :
- Bernard Lortat-Jacob : Musicologue et ethnologue français, directeur de recherche et responsable du Laboratoire d'ethnomusicologie du Musée de l'Homme de Paris. Membre de La menina allargata.
- Un(e) participant(e) de la free party de Redon
- Jean Rochard : Fondateur et producteur artisanal des disques nato (depuis le 3 septembre1980). 
- Nicolas Souchal : Musicien, compositeur et improvisateur, membre des collectifs Musique en Friche, le Fondeur de Son et de la Fanfare Invisible.

À l'heure où les termes de « musique vivante » ou de « spectacle vivant » se trouvent banalisés, où le concert est souvent présenté comme la forme authentique, naturelle de la musique, par opposition à la musique enregistrée, on oublie volontiers que le concert, dans sa forme payante ou publique, est une invention de 1725, précédant de 152 ans celle de la musique enregistrée. Cette opposition simpliste, alors qu'il existe bien des façons de confronter ou partager la musique depuis l'origine de l'humanité, est heureusement souvent remise en cause quand l'enregistrement peut permettre une musique déliée de l'interprétation sur scène. Mais qu'en est-il du concert en lui-même ? Est-il la forme, le lieu naturel de la musique ? Le mouvement des free party a montré un autre type de désir d'incarnation de la musique qui échappe aux codes stricts du concert public ; est-ce une des raisons de la répressi on féroce qui s'abat sur ces free party ?

Si le concert est live, faut-il qualifier la musique enregistrée de morte ? La vie du concert, souvent utilisée comme idéal, forme naturelle de la musique et point de référence pour la pensée, soulève plus de questions que ces évidences sans cesse rabâchées sur l'opposition entre scène et studio, comme nous le rappellera Jean Rochard. La musique enregistrée et le concert se sont influencés réciproquement depuis plus d'un siècle : à travers les enregistrements de concerts, ne pourrait-on considérer que l'enregistrement comme le concert sont deux formes ni plus ni moins naturelles pour la musique ?

L'affirmation que le concert est une forme naturelle pour la musique fait également oublier toutes les manifestations musicales qui ne sont pas de l'ordre du concert, et subissent parfois de nos jours des répressions brutales. 

Nicolas Souchal, musicien, compositeur et improvisateur, évoquera, lui, sa participation à la Fanfare Invisible, dont l'essentiel des activités est destiné aux manifestations et au soutien des luttes sociales. Comment, en musicien, peut-on comprendre ce militantisme musical qui ne repose ni sur l'enregistrement ni sur le concert ?

Enfin, le concert apparaît comme une forme dont la naturalité, rarement questionnée, est pourtant sujette à caution. Bernard Lortat-Jacob fera état d'autres formes de performances et de spectacles musicaux dans le cadre de ses terrains d'enquête ethnomusicologiques (Maroc, Roumanie, Sardaigne), qui font apparaître un répertoire musical plus large (fêtes, rituels, etc.). 

Historiquement, le concert apparaît comme l'objet d'une invention dont on peut situer l'apparition et comprendre les motivations sociales, politiques et religieuses. Pierre Tenne exposera les principaux enjeux de cette histoire en abordant les aspects « naturels » de la technique du concert et de la musique enregistrée.

AU SUD DU NORD
Il y a 25 ans est né, en Essonne, Au Sud du Nord, une idée de la musique, diverse et solidaire, qui dépasse bien volontiers les cadres et lieux établis. Au Sud du Nord est aussi un label discographique (membre des Allumés du Jazz), ce qui en fait le partenaire idéal de ce premier débat.

L'édition 2021 du festival aura lieu du 27 au 29 août à Cerny. 
Tél : 09 51 56 98 83

En savoir plus

PROCHAINS RONDS-POINTS DES ALLUMÉS DU JAZZ :

- STREAMING : LE GRAND CHAMBARDEMENT
11 septembre 2021 – Arcueil (Anis Gras)

- QU'EST-CE QU'UN DISQUE DE JAZZ ?
19 octobre 2021 – Saint-Claude (Maison du peuple – La Fraternelle)

- SAMPLEURS ET SANS REPROCHE : UNE ESTHÉTIQUE DE L'ÉCHANTILLONNAGE
12 novembre 2021 – Marseille (Conservatoire)

- LES CHANTS DU FIELD RECORDING
16 novembre 2021 – Strasbourg (Jazzdor)

- DE L'USAGE POLITIQUE DE L'ENREGISTREMENT SONORE
20 novembre 2021 – Lille (Cinéma L'Univers)


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