20 NOVEMBRE LILLE / DE L'USAGE POLITIQUE DE L'ENREGISTREMENT SONORE

20 NOVEMBRE LILLE / DE L'USAGE POLITIQUE DE L'ENREGISTREMENT SONORE

Dès sa commercialisation au début du XXe siècle, le disque propose les discours d’un grand nombre de discours d’hommes de pouvoir, de leaders, penseurs ou activistes politiques. Objet de diffusion large mais à la place domestique intime, le disque fut un extraordinaire ferment d’omniscience. Alors qu’il documentait, puis inspirait les mouvements extrêmement changeants de la musique, il fit de même, parallèlement, pour la pensée politique. Objet de propagande ou de contre propagande (nombre de partis politiques ont, tout au long du siècle passé, créé leurs structures de production), le disque représente une écoute aussi personnalisée qu’humainement partageable (à l’inverse de l’anonymat du streaming). La parole y rejoint le chant. Les gens de musique l’ont largement utilisé pour affranchir plus facilement encore l’alliance musique-politique ou pour préciser la musique comme état de contestation. Le disque a bigrement contribué à diverses incarnations et représentations de la lutte des classes comme à la diffusion des idées, fussent-elle dansées.

Les participants :

- Jean Rochard
 : Fondateur et producteur en 1980 des disques nato (nom d’un cousin de Géronimo et d’une chatte siamoise). Auparavant, en 1976 (pour rendre service à un copain), il commence à écrire sur la musique dans diverses publications. À partir de 1978, il organise des concerts dans le village de Chantenay-Villedieu puis plus tard à Minneapolis. Les disques nato demeurent son cœur d’ouvrage depuis leur naissance. Une certaine spécificité des albums à thème les caractérise… Depuis 2005, pour poursuivre l’aventure, il s’est associé à Christelle Raffaëlli.

- Élise Petit
Maîtresse de conférences en musicologie à l’Université Grenoble Alpes et docteure en Histoire de la Musique et agrégée de Musique, elle a consacré sa thèse de doctorat en Histoire de la Musique à l’étude des politiques musicales en Allemagne, sous le IIIe Reich et durant l’occupation alliée. Ce travail constitue la première analyse comparée des politiques de création artistique et des usages de la musique par des régimes antagonistes en Allemagne, de 1933 à 1949. Il mène à repenser la création musicale du XXe siècle à l’aune d’enjeux politiques liés à la guerre froide. Elle poursuit un projet d’analyse détaillée des usages de la musique dans les camps de concentration et dans les centres de mise à mort.

- Billie Brelok
: Après un premier EP plutôt artisanal et 3 vidéos brillantes (dont "Bâtarde"), la rappeuse franco-péruvienne de Nanterre a réalisé un nouvel opus, double album, baptisé Gare de l'Ouest. "Engagée et féministe, ce sont des mots pour lesquels j’ai beaucoup d’estime. Pour moi, féministe, ça évoque l’émancipation, mais cette étiquette peut vite devenir les quatre murs dans lesquels tu te laisses enfermer… Parfois je me dis, que je suis juste un détail, que c’est surtout l’époque qui est féministe. Et je regarde ça avec un œil plutôt optimiste !". Billie Brelok a été l’invitée du groupe Ursus Minor et a participé au disque 13’12 contre les violences policières.

- Jonathan Thomas
: Chercheur-associé au CRAL (EHESS/CNRS). De formation musicologique, il s’intéresse à la dimension sonore des pratiques politiques dans une démarche interdisciplinaire. Il a publié Jean-Marie Le Pen et la SERP : le disque de musique au service d'une pratique politique, De la musique pour le peuple : une proposition d'analyse des premiers disques folkloriques du Chant du Monde et Militer en chantant, sous l'œil de la police parisienne des années 1930 : une exploration du fonctionnement politique du chant.

Conservatoire de Lille
Place du Concert
59000 Lille
15h-17h (accès par la Place du Concert) Entrée gratuite - Salle C1/10

Informations et réservations : resa@muzzix. Info

Cet événement est programmé par le collectif Muzzix dans le cadre du Temps fort des musiques improvisées et expérimentales en Hauts-de-France.

16 NOVEMBRE / STRASBOURG

16 NOVEMBRE / STRASBOURG "LES CHANTS DU FIELD RECORDING"

Les Ronds-Points des Allumés du Jazz
 
La surmultiplication des bouleversements du monde musical fait plus qu'inviter aux débats ; elle les rend nécessaire. À ce besoin d'échanges, cette exigence même, les Allumés du Jazz répondent une nouvelle fois par une suite de ronds points : il est tant de ponts à chausser. La route a commencé à Cerny (91) où on débattit des formes diverses de la représentation de la musique (historiquement, socialement et géographiquement) et du sens des mots "musique vivante", s'est poursuivit à Arcueil (94) avec l'implacable constat que l'industrie musicale était devenu industrie des données, mais aussi où une économiste évaluait le possible retour en grâce du CD. Face aux constats éclairants, beaucoup à faire donc pour que la musique garde ses sens. La route qui promet d'être aussi longue que riche s'est poursuivie à Saint-Claude (39), dans les parallèles dans l'histoire du jazz et de l'histoire du disque....
 

16 NOVEMBRE  18H / LE SOCIAL BAR -STRASBOURG:  "LES CHANTS DU FIELD RECORDING"
Avec
Peter Cusack 
musicien, field recorder
Kristoff K. Roll
 groupe de musiciens, field recorders
Bernard Fort
 électro-acousticien, ornithologue
Anne-Marie Parein 
coordinatrice générale des Allumés du jazz, membre de la Ligue pour la Protection des Oiseaux

Si l’œuvre de Beethoven démontre l’utilisation des sons du monde dans la composition musicale, le Field Recording a pris un essor considérable depuis la fin du XIXe siècle avec l’invention des systèmes d’enregistrement. En empruntant les sons du monde au vivant ou à l’industrie, au rural ou à l’urbain, aux rocs, au vent, à l’océan, d’innombrables compositeurs collecteurs de sons repoussent les frontières entre musical et non musical, posant encore et toujours la question de la nature de la création musicale, et son rapport au monde. 

Le Social Bar 
69 rue du Faubourg-de-Pierre
67000 Strasbourg

12 NOVEMBRE / MARSEILLE

12 NOVEMBRE / MARSEILLE "SAMPLEURS ET SANS REPROCHE/ UNE ESTHETIQUE DE L'ECHANTILLONAGE"

12 NOVEMBRE / CONSERVATOIRE MARSEILLE / SAMPLEURS ET SANS REPROCHES : UNE ESTHÉTIQUE DE L'ÉCHANTILLONNAGE

Plus de 40 ans après sa naissance, l'échantillonnage, technique de composition centrale du rap, est toujours mal vu: considéré au mieux comme de la cueillette, au pire comme du vol, le sampling se voit refuser aujourd'hui encore la légitimité que la scansion rap a elle fini par acquérir en jouant des coudes.
Or, à l'heure où les condamnations judiciaires de certains de ses pratiquants ont dissuadé les autres et drastiquement réduit son usage, il semble opportun de s’interroger sur les enjeux esthétiques posés par cette technique de composition spécifique, sur la charge poétique subversive qu'elle contient, sur les possibles qu'elle déploie, comme sur les raisons de sa si mauvaise réputation.

Les invités :

- L’1consolable : Rappeur depuis l’âge de 12 ans, L’1consolable a suivi la genèse du hip hop en France avec les influences premières pour ensuite prendre sa propre voie, toujours fidèle tant à son point de départ qu’à son engagement militant qui n’a cessé de s’affirmer au travers des albums aux titres évocateurs qu’il a publié depuis 2011 (L'1consolable est payé à rien foutre / L'1consolable est payé à foutre la merde, L'1consolable est payé à leur dire d'aller se faire foutre, Rap Games,Sauvage, Capital Advisory…)

- Imhotep: Compositeur et beat-maker depuis 33 ans , Imhotep est " l'architecte musical " du groupe IAM. 
Il semble notamment être le premier beat-maker à composer à partir d'échantillons de musique méditerranéenne et orientale. En parallèle de ses activités " rapologiques " et des albums d'IAM de ...De la Planète Mars (Virgin 1991) à Yasuke (Def jam 2019) etc.), Imhotep réalise des albums instrumentaux inclassables : Blue Print (Delabel 1998), Kheper (Self 2012), 
Toujours enraciné dans ses deux registres de prédilection, le hip-hop et le Dub, Imhotep propose en Live des remixes et mash-ups originaux et inédits qui retracent un tiers de siècle d'anthologie, et embarque l'auditeur pour un voyage au-delà des frontières musicales…

- Christian Béthune : Titulaire d'un doctorat de philosophie et d’une habilitation en art, Christian Béthune a publié de nombreux ouvrages et articles centrés autour du jazz et de la culture afro-américaine. Il enseigne la philosophie en lycée dans l’Académie de Clermont-Ferrand. Il est l’auteur de Adorno et le jazz, Analyse d’un déni esthétique (Klincksieck, 2003), Pour une esthétique du rap (« 50 questions », Klincksieck, 2004) et Le Rap (Autrement, 2003), Le jazz et l'Occident (Klincksieck, 2008), Blues, féminisme et société : le cas Lucille Bogan (Camion Blanc, 2018), L'apothéose des vaincus (P.U.M., 2019)...

- Hal : « Concernant la bio, j'officiais au sein du groupe Chiens de Paille en tant que beatmaker, j'ai aussi fait des musiques pour une chaine de télévision appartenant à TPS, (ça remonte) musiques de pub aussi, j'ai produit pas mal de titre pour Akhenaton ainsi qu'Iam...Les dernières productions auxquelles j'ai pu participer sont c'est Marseille bébé de Kofs feat Dj Abdel et Medi Meyz et le morceau « Change » dans l'EP 3ème vague d'IAM. J'ai aussi coproduit un titre dans le premier album de Naps « J'repense à tout ». J'essaie d'être le plus éclectique possible...Y'a pas mal d'autres titres que j'ai produit mais étant du genre à ne pas regarder en arrière...ma mémoire me fait défaut... »

- Pablo Cueco : Percussionniste plus particulièrement dédié au zarb, Pablo Cueco a joué et enregistré avec Luc Ferrari, Georges Aperghis, Sylvain Kassap, François Tusques,  Michel Portal, Patricio Villaroel, Hariprasad Chaurasia, Barre Phillips, JT Bates , Claude Barthélémy, Mirtha Pozzi avec qui il forme un duo durable. De 1991 à 2008, il se joint au Denis Colin trio (avec Didier Petit), avec qui il enregistrera avec le groupe de rap The Dirty Bandits.  Passionné par la composition, il forme et dirige l’ensemble orchestre Transes Européennes. Écrivain à ses heures, il est également auteur de Pour la route (Qupe 2018) et Double Vue (Qupe 2020), co-écrit avec son père, le peintre Henri Cueco.

CONSERVATOIRE PIERRE BARBIZET
Palais Carli, Place Auguste et François Carli
13006 Marseille

19 OCTOBRE A SAINT CLAUDE  : QU'EST CE QU'UN DISQUE DE JAZZ ?

19 OCTOBRE A SAINT CLAUDE : QU'EST CE QU'UN DISQUE DE JAZZ ?

Les Allumés du Jazz et La Fraternelle seront heureux de vous accueillir à ce troisième Rond-Point 2021, le mardi 19 octobre, de 15h à 17h, à LA  FRATERNELLE - MAISON DU PEUPLE A SAINT CLAUDE

Michel Dorbon, producteur et fondateur du label RogueArt poursuivra les débats avec un nouveau thème : 

QU’EST-CE QU’UN DISQUE DE JAZZ ?

Marqueurs forts du 20ème siècle, bien au-delà de ce qu’ils représentent intrinsèquement, le jazz et le disque sont liés par une histoire commune, au point que l’on pourrait presque se demander si l’un aurait pu exister sans l’autre. En ce début de 21ème siècle lourd de nombreux bouleversements, le disque et le jazz, bien que durement malmenés, existent toujours. Pourront-ils encore continuer longtemps de cheminer « de concert » ? Sans prétendre épuiser le sujet, qu’en est-il aujourd’hui de ce « disque de jazz », toujours identifié comme tel dans les bacs des disquaires ?


Ses deux invités :
- François Corneloup : saxophoniste de taille ayant œuvré et œuvrant dans les formations de Bernard Lubat, Henri Texier, Dominique Pifarély ou encore le groupe Ursus Minor, ou en duo avec Sylvain Kassap, Michel Portal, Franck Tortiller, ayant formé plusieurs trio avec Claude Tchamitchian, Eric Échampard, Hélène Labarrière, Simon Goubert, Marc Ducret, Martin France ou encore les groupes Next, le Peuple Étincelle, Révolution ou Entre les terres avec Jacky Molard. Il est également l'auteur d'un livre de photographies intitulés Seuils (à paraître début 2022).

- P.-L. Renou (et son double, Philippe Alen), sans-gilet aux ronds-points du jazz, a collaboré à : Jazz Magazine, Improjazz, Chronicart, Bibliothèque(s), ainsi qu'à des volumes collectifs (Jazz et littérature ; Albert Ayler, témoignages sur un holy ghost ; Steve Lacy (unfinished...).

Pour clore ce débat François Corneloup partagera avec les participants un moment musical. 


11 SEPTEMBRE A ARCEUIL:  STREAMING, LE GRAND CHAMBARDEMENT !

11 SEPTEMBRE A ARCEUIL: STREAMING, LE GRAND CHAMBARDEMENT !

Nouveau rond-point des Allumés du Jazz le 11 septembre 2021
ANIS GRAS, le lieu de l'autre 55, avenue Laplace - 94110 ARCUEIL

Intervenants :
Romuald Jammet, professeur, Département des sciences humaines et sociales, Université du Québec
Marianne Lumeau, auteure, chercheuse
Céline Lepage (sous réserve) : Déléguée générale à la FELIN
Yoram Rosilio, modérateur

À l’heure de l’injonction du numérique et de ce que beaucoup appellent le bouleversement de l’industrie musicale, le streaming et les pratiques qu’il engendre s’imposent dans une forme de grande commodité. Nouvelles pratiques de consommation, transformation de rapports à la musique, situations de quasi-monopole,  industrie de données, marchandisation  des émotions, revenus colossaux engendrés versus appauvrissement  des auteurs, auteures, producteurs, productrices et interprètes, part de la publicité, commerce de datas, porosités avec d’autres secteurs, positionnements  confus des institutions culturelles économiques et politiques… les questions bourdonnent et abondent en tous sens.

Cette rencontre participative est proposée par les Allumés du Jazz :
Un beau jour de janvier 1995, dans le sud de la France, un groupe de producteur·rice s phonographiques  indépendant·es,  tendance jazz, se réunissait afin d’envisager une manière plus collective, plus musicale aussi, d’échanger à propos de leur activité déjà en proie à une dévastation n’ayant guère ému l’industrie musicale. Il paraissait indispensable d’entamer une réflexion collective et d’envisager une meilleure sensibilisation  des musiques dites de jazz dans leurs différentes formes esthétiques et leur environnement social.
Ainsi furent immédiatement réalisés un livre retraçant l’histoire de la production indépendante en France et son état des lieux en 1995, une opération commerciale chez tous les disquaires de France mettant en avant la production indépendante en cours. Puis ce fut la création du journal Les Allumés du Jazz, prompt à se faire l’écho des préoccupations créatives, politiques, philosophiques,  économiques des producteurs et musiciens sans oublier une bonne dose d’humour. Ce journal gratuit peut-être obte- nu sur simple demande d’abonnement. Les Allumés du Jazz organisent aussi des journées thématiques, des concerts, des stands itinérants sur les festivals, sont dotés d’un site internet d’informations et de vente en ligne et d’une boutique, lieu de vente, de rencontres et d’animations au Mans.

28 AOUT A CERNY : AGIR DE CONCERT : LA MUSIQUE ET SES FORMES NATURELLES

28 AOUT A CERNY : AGIR DE CONCERT : LA MUSIQUE ET SES FORMES NATURELLES

28 août 2021 (15h - 17h), au Festival AU  SUD DU NORD, à CERNY, 91.

À l’invitation du festival, Pierre Tenne, historien, critique musical et gazetier du journal Les Allumés du jazz, ouvrira les débats avec un thème particulièrement affuté :
Avec :
Bernard Lortat-Jacob, musicologue et ethnologue
Jean Rochard, producteur de musique enregistrée
Michele Gurrieri, musicien de la Fanfare Invisible
Nicolas Souchal, musicien de la Fanfare Invisible et improvisateur
Ben Lagrene, Free Party de Redon

À l’heure où les termes de « musique vivante » ou de « spectacle vivant » se trouvent banalisés, où le concert est souvent présenté comme la forme authentique, naturelle de la musique, par opposition à la musique enregistrée, on oublie volontiers que le concert, dans sa forme payante où publique, est une invention de 1725, précédant de 152 ans celle de la musique enregistrée. Cette opposition simpliste, alors qu’il existe bien des façons de confronter où partager la musique depuis l’origine de l’humanité, est heureusement souvent remise en cause quand l’enregistrement peut permettre une musique déliée de l’interprétation sur scène. Mais qu’en est-il du concert en lui-même? Est-il la forme, le lieu naturel de la musique ? L’échange proposera plusieurs angles critiques pour aborder ces questions, en comparant les situations ethnomusicologiques, en situant le concert dans un temps et une géographie somme toute très ramassés dans l’histoire de la musique, en montrant que l’enregistrement a également transformé les concerts, où en donnant la parole aux musiciens et musiciennes qui, aujourd’hui encore, jouent leur musique sous d’autres formes.

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