KEPLER

mars 2019
15 €
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GroupeKEPLERMusiciensAdrien Sanchez, Julien Pontvianne, Maxime SanchezLabelONZE HEURES ONZERéférenceONZ034

Lenteur. Mélodie. Retenue. Kepler est un trio épuré. L'idée est de rendre le son nécessaire. On nous prive souvent d’une forme de beauté froide – là elle est clairement recherchée – en opposition à un monde qui tourne toujours un peu plus vite. La stabilité apparente masque les discontinuités, les ruptures, et invite à une écoute différente.
« Le trio Kepler est composé des deux frangins Sanchez, Maxime au piano, Adrien au sax ténor, avec Julien Pontvianne qui s’est joint à la fratrie. En chaussettes, ils annoncent la couleur : « On va vous jouer des choses assez lentes, et même très lentes ». C’est pourtant moins la lenteur des thèmes qui frappe que leur sidérante douceur. Mais cette douceur est pleine de craquelures, de micro-failles, de micro-distorsions. Certes, Maxime et Adrien Sanchez sont les deux frères du trio, mais on constate aussi une gémellité évidente entre les deux ténors, Adrien Sanchez et Julien Pontvianne : ils partagent une manière de tresser une auréole de souffle grésillant autour du son, qui rappelle un peu les vieux 33 tours du siècle passé, ce temps où les gens ne se promenaient pas encore dans les rues en parlant à leur main. Ils jouent des unissons avec de subtils décalages et distorsions. Les compositions, nous l’avons dit, sont d’une grande douceur, mais ne versent jamais dans le mièvre ni dans l’émollient car elles sont intensément habitées. Au piano, Maxime Sanchez a l’art de créer des atmosphères avec trois fois rien, des bouts de nuage, une ombre, une brindille, une plume d’oiseau. Il a cet art aussi, de faire entendre une pulsation swing, plus ou moins prononcée qui est en filigrane dans tout ce qu’il joue. Les configurations du trio sont aussi mouvantes qu’un ciel du bassin d’Arcachon. Dans le troisième morceau, un des plus réussis à mon sens, un des plus prenants, le piano se lance dans un discours swinguant et allègre, en se plaçant sur la crête d’un motif circulaire construit par les deux saxophones à l’unisson. L’intensité monte, l’unisson se rompt, les motifs de saxophone s’emballent, se diffractent comme à travers un miroir éclaté, et c’est alors le piano qui devient un môle de stabilité. Pour finir les deux saxes improvisent de manière conjointe une sorte de discours à deux voix, avec de subtils rapports entre la parole de l’un et la parole de l’autre. Le trio joue six ou sept morceaux de cet acabit, en variant à chaque fois les configurations, et les rapports entre instruments. La musique est à la fois savante, recherchée, et d’une grande évidence, et je n’en reviens pas que ces gamins qui n’ont pas trente ans puissent arriver à cela. Au milieu du concert, les fenêtres de l’appartement, laissées ouvertes, font entendre une sirène de pompiers qui semble fondre et s’évanouir devant la douceur tranquille et habitée de ce trio. Une musique originale, délicate, d’une grande intériorité. Une magnifique révélation »

Maxime Sanchez (p), Julien Pontvianne (ts, cl), Adrien Sanchez (ts)

Piste Audio :

1. Gammes (Maxime Sanchez) 2’16
2. T.R. (Adrien Sanchez) 4’27
3. Le lointain (Julien Pontvianne) 3’40
4. Climbing plants sprouted around his legs (Julien Pontvianne) 4’17
5. Variateur (Adrien Sanchez) 6’05
6. Juh (Adrien Sanchez) 3’15
7. Dulcis (Maxime Sanchez) 1’27
8. Escape (Maxime Sanchez) 4’36
9. White pond (Julien Pontvianne) 7’17
10. Is he blind (Julien Pontvianne) 4’12

Disque(s) associé(s) à ONZE HEURES ONZE

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