AUX RONDS POINTS DES ALLUMES, LA SUITE 2021

16 juin 2021
AUX RONDS POINTS DES ALLUMES, LA SUITE 2021

Novembre 2018, les Allumés du Jazz retrouvaient Avignon, 13 ans après leurs premières rencontres, pour une dizaine de débats fort toniques, prolongés par la parution d’une revue Aux ronds-points des Allumés du Jazz (toujours d’actualité et toujours disponible), et même d’un 33 tours (lui aussi encore disponible). La surmultiplication des bouleversements du monde musical ne permet guère d’attendre la prochaine décennie pour en parler. À ce besoin d’échanges, cette exigence même, les Allumés du Jazz répondent par une suite à leurs rencontres avignonnaises. Cette fois, on profitera du fait que la France est championne du monde des Ronds-Points pour se promener un peu partout dans les champs pratiques et magnétiques des membres des Allumés du Jazz.

La balade commencera le 28 août 2021 (15h - 17h), au Festival AU  SUD DU NORD, à CERNY, 91.
À l’invitation du festival, Pierre Tenne, historien, critique musical et gazetier du journal Les Allumés du jazz, ouvrira les débats avec un thème particulièrement affuté :
AGIR DE CONCERT : LA MUSIQUE ET SES FORMES NATURELLES
Avec :
Bernard Lortat-Jacob
, musicologue et ethnologue
Jean Rochard, producteur de musique enregistrée
Michele Gurrieri, musicien (sous réserve)

À l’heure où les termes de « musique vivante » ou de « spectacle vivant » se trouvent banalisés, où le concert est souvent présenté comme la forme authentique, naturelle de la musique, par opposition à la musique enregistrée, on oublie volontiers que le concert, dans sa forme payante où publique, est une invention de 1725, précédant de 152 ans celle de la musique enregistrée. Cette opposition simpliste, alors qu’il existe bien des façons de confronter où partager la musique depuis l’origine de l’humanité, est heureusement souvent remise en cause quand l’enregistrement peut permettre une musique déliée de l’interprétation sur scène. Mais qu’en est-il du concert en lui-même? Est-il la forme, le lieu naturel de la musique ? L’échange proposera plusieurs angles critiques pour aborder ces questions, en comparant les situations ethnomusicologiques, en situant le concert dans un temps et une géographie somme toute très ramassés dans l’histoire de la musique, en montrant que l’enregistrement a également transformé les concerts, où en donnant la parole aux musiciens et musiciennes qui, aujourd’hui encore, jouent leur musique sous d’autres formes.

Ensuite, nous nous rendrons, le 11 septembre 2021, (tiens, c’est l’anniversaire d’Adorno !) à ARCUEIL  (94, chez Erik Satie), à ANIS GRAS -Le lieu de l’autre, Yoram Rosilio, musicien, membre du Fondeur de Son, traducteur du Plimj, proposera :
STREAMING : LE GRAND CHAMBARDEMENT
Avec :
Romuald Jammet, professeur, Département des sciences humaines et sociales, Université du Québec
Marianne Lumeau,
auteure, chercheuse (sous réserve)
Céline Lepage,
déléguée générale de la Félin (sous réserve)

À l’heure de l’injonction du numérique et de ce que beaucoup appellent le bouleversement de l’industrie musicale, le streaming et les pratiques qu’il engendre s’imposent dans une forme de grande commodité. Nouvelles pratiques de consommation, transformation de rapports à la musique, situations de quasi- monopole, industrie de données, marchandisation des émotions, revenus colossaux engendrées versus appauvrissement des auteurs, auteures, producteurs, productrices et interprètes, part de la publicité, commerce de datas, porosités avec d’autres secteurs, positionnements confus des institutions culturelles, économiques et politiques... Les questions bourdonnent abondamment en tous sens.

Puis, direction MARSEILLE, le 12 novembre 2021, au Conservatoire, avec EMOUVANCE et JAZZ DES 5 CONTINENTS, pour rejoindre le rappeur L’1consolable et ses invités qui discuteront du thème suivant :
SAMPLEURS ET SANS REPROCHE : UNE ESTHÉTIQUE DE L’ÉCHANTILLONNAGE
Avec :
Christian Béhune,
critique, auteur, musicologue
Hal /Chiens de Paille, DJ
Ihmotep / IAM (Marseille), DJ
Pablo Cueco, musicien, écrivain

Plus de 40 ans après sa naissance, l’échantillonnage, technique de composition centrale du rap, est toujours mal vu : considéré au mieux comme de la cueillette, au pire comme du vol, le sampling se voit refuser, aujourd’hui encore, la légitimité que la scansion rap a, elle, fini par acquérir en jouant des coudes. Or, à l’heure où les condamnations judiciaires de certains de ses pratiquants ont dissuadé les autres et drastiquement réduit son usage, il semble opportun de nous interroger sur les enjeux esthétiques posés par cette technique de composition spécifique, sur la charge poétique subversive qu’elle contient, sur les possibles qu’elle déploie, comme sur les raisons de sa si mauvaise réputation.

La date est encore à préciser, mais à STRASBOURG, entre le 5 et le 19 novembre 2021, le festival JAZZDOR (qui est aussi un label de disques) ouvrira ses portes à Anne-Marie Parein, administratrice des Allumés du Jazz et membre de la Ligue pour la protection des oiseaux, afin de débattre de :
LES CHANTS DU FIELD RECORDING
Avec :
Peter Cusack,
musicien, field recorder
Kristoff K. Roll,
groupe de musiciens, field recorders
Bernard Fort
, électro-acousticien, ornithologue
François Raulin,
musicien

La musique a souvent eu des velléités d’imitation des sons de la nature, de l’activité humaine ou du monde animal. On connaît les fameuses Sonates de Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704) indiquant aux instrumentistes d’imiter le chant des oiseaux ou le miaulement du chat. Avec La bataille de Vitoria (1813), Ludwig Van Beethoven ajoutait, à la partition de l’orchestre, des parties pour canons et mousquets. Puis, vint l’enregistrement sonore à la fin du XIXe siècle qui sut, au départ, souvent convaincre plus facilement les chercheurs de sons que les musiciens. Dès le début du disque, les catalogues proposent de nombreux enregistrements non musicaux à valeur documentaire. Luigi Russolo (1885-1947), avec son Art des Bruits, trouve les instruments de musique dépassés et cherche, au travers d’un invraisemblable instrumentarium inventé, une façon de rendre les sons du réel. C’est le début de la musique dite concrète. Le magnétophone, plus qu’un récepteur, est devenu un véritable instrument de collectage, mais aussi d’appréciation des perspectives sonores, de préhension du monde par l’oreille ; une façon d’envisager une musique posant au plus près la question de la nature de la création musicale, et de son rapport au monde. P

uis, bien au nord de ce sud-là, à ROUBAIX, le 20 novembre 2021 (date anniversaire du début de la Révolution mexicaine), aux ARCHIVES NATIONALES DU MONDE DU TRAVAIL, à l’invitation de Circum Disc, Jean Rochard, producteur artisanal de disques et feuilletoniste de ce journal, présentera :
DE L’USAGE POLITIQUE DE L’ENREGISTREMENT SONORE
Avec :
Élise Petit,
musicologue, auteure
Billie Brelok, rappeuse
Jonathan Duclos, auteur, chercheur

Dès sa commercialisation au début du XXe siècle, le disque propose un grand nombre de discours d’hommes de pouvoir, de leaders, penseurs où activistes politiques. Objet de diffusion large mais à la place domestique intime, le disque fut un extraordinaire ferment d’omniscience. Alors qu’il documentait, puis inspirait les mouvements extrêmement changeants de la musique, il fit de même, parallèlement, pour la pensée politique. Objet de propagande où de contre-propagande (nombre de partis politiques ont, tout au long du siècle passé, créé leurs structures de production), le disque représente une écoute aussi personnalisée qu’humainement partageable (à l’inverse de l’anonymat du streaming). La parole y rejoint le chant. Les gens de musique l’ont largement utilisé pour affranchir plus facilement encore l’alliance musique-politique où pour préciser la musique comme état de contestation. Le disque a bigrement contribué à la lutte des classes comme à la diffusion des idées, fussent-elle dansées.


D’autres lieux s’apprêtent à accueillir d’autres débats, encore en préparation, comme La Fraternelle à Saint-Claude les 18 où 19 octobre 2021. Reims, Rennes, Nantes, Avignon, Bordeaux, Tours, Trois-Palis, Brest, Champignac, Moulinsart, etc. seront aussi sur la route.

Ces multitours de France des Allumés du Jazz en ébats débatteurs se poursuivront au fil de l’an 2022. On en a des trucs à dire... et à écouter. Vous avez dit 22 ?


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